Conte cosmogonique : Pourquoi l’escargot porte-t-il sa maison sur son dos et l’araignée a-t-elle 8 pattes ?

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Conte cosmogonique : Pourquoi l’escargot porte-t-il sa maison sur son dos et l’araignée a-t-elle 8 pattes ?

Pourquoi l’escargot porte-t-il sa maison sur son dos et l’araignée a-t-elle 8 pattes ?

 « Petit escargot porte sur son dos, sa maisonnette….

Aussitôt qu’il pleut, il est tout heureux et sort sa tête ! » chante l’enfant à tue-tête.

Et bien NON, justement, à l’origine l’escargot n’avait pas de maison à porter sur son dos !

C’était juste, un vulgaire limaçon.

« Sur le plancher, une araignée, se tricotait des bottes…

Dans un flacon, un limaçon enfilait sa culotte !… »

Et bien OUI, vous le voyez bien ! Déjà le limaçon n’avait qu’une envie, c’était de sortir de son flacon où un vilain génie l’avait emprisonné.

Vous en voyez pour preuve que pour sortir dehors quand on est nu comme un ver, comme le sont d’ailleurs tous les limaçons…Il faut s’habiller !

Voilà pourquoi la comptine dit bien qu’il enfilait sa culotte !

Seulement, avez-vous déjà vu un limaçon enfiler sa culotte ?

Moi !… Non.

Comment voudriez-vous qu’il fasse ?

Une culotte…çà a deux jambes et quand on n’est qu’une pauvre larve molle, humide et collante et qui plus est,  en un seul morceau… je ne vois pas comment le pauvre aurait pu faire !

Je me l’imaginais bien ce pauvre tortillon visqueux en train de s’escrimer à glisser dans une jambe de la culotte qui en comportait deux !

Quand il essayait de rentrer dans l’une, invariablement, il glissait puis en ressortait pour rentrer dans l’autre !

Tantôt, … tant il était gluant et glissant, il dérapait et ne restait que dans une…

Tantôt, quand,… à force de torsions, de contorsions, de convulsions et de contractions, il parvenait à se placer à la fois dans les deux jambes de la culotte…. Et bien, il se retrouvait irrémédiablement enfermé ! La tête et la queue bien au fond, engluées et collées !!! Vous imaginez, l’acrobate !….réduit à sa plus simple expression….Une larve en boule, toute recroquevillée qui n’avait de limaçon que le nom, tant il ne ressemblait à RIEN !

L’encolure du flacon était pourtant bien assez large pour laisser passer sa taille fine…. là n’était pas la question ! On aurait pu y faire passer tout un régiment de tortues d’eau en exercice, bien rangées 2 par 2, par exemple… voire même un peloton d’horribles mygales velues tant le passage du col était aisé !…Non ! Le réel problème était bien que notre pauvre limaçon était de nature pudique et ne pouvait se résoudre à sortir par le col du flacon, ainsi dévêtu !

De plus, regarder sans cesse, sans même pouvoir la rejoindre, l’araignée sa copine, lui devenait insupportable !

Et elle, de lui répéter en boucle, se moquant de lui en le voyant se tortiller ainsi :

« Sur le plancher, une araignée se tricotait des bottes…

Dans un flacon, un limaçon enfilait sa culotte !… »

Elle était prête, elle, pourtant à partir découvrir sous la pluie, le vaste monde ! Car, après s’être tricotées deux paires de bottes, elle les avait enfilées, se trouvant déjà bien stable et l’appelait à tout rompre :

  • Allons, Limaçon, fais un effort ! Sors à la fin de ce stupide flacon !… Je ne te regarderai même pas, promit-elle en se cachant déjà un œil sous ses pattes et entrouvrant l’autre pour mieux contempler la nudité de son compagnon !

C’est, qu’elle était sacrément coquine, cette araignée, vous le savez !

  • J’ peux pas ! Lui répondait le limaçon. J’ai froid ! Et en plus, j’ s’rais tout mouillé ! Il pleut à verse dehors et je n’ai pas tes bottes à poils chauds pour me vêtir, moi !

Alors, le limaçon se laissa aller au chagrin. Le désœuvrement l’emporta et il pleura, pleura, pleura… à n’en plus finir !

Et ses larmes coulèrent, coulèrent sur son dos sans discontinuer.

Un petit vent d’ouest passa par là pour assécher ses larmes sur son pauvre corps dévêtu et ainsi, former une croûte blanchâtre qui s’amoncela peu à peu sur son dos…. et qui se mit à tournicoter à chaque fois que notre pauvre limaçon reprenait de plus belle, sa gigue désespérée pour tenter d’enfiler sa culotte et… enfin, pouvoir sortir de son flacon !

C’est, qu’il était persévérant, ce limaçon !

  • Jamais, il ne faut abandonner dans l’épreuve, se répétait-il en boucle !

Mais comme de la même façon, il persévérait aussi dans ses pleurs…la petite croûte de larmes séchées continuait encore et encore  à s’agglutiner, à croître, … à grandir… et à grossir en colimaçon !

Un soir de pluie où l’eau tombait encore à verse, l’araignée sa voisine qui était, rappelons-le, un peu coquine… mais qui, de peur, ne pouvait se résoudre à sortir seule sous la pluie et dans le noir, lui apporta un morceau de miroir –qu’elle avait brisé le matin même en coiffant ses poils- afin qu’il puisse contempler combien il était beau maintenant !

« Araignée du matin… Chagrin !   Araignée du soir… Bonsoir ! »

  • Regarde-toi, Colimaçon. Regarde comme tu es beau !

Si ton bel habit coquillé ressemble à ta maison mordorée, tu es le phénix des hôtes de ce flacon !

Allons, viens ! Sors maintenant ! Tu as tout ce qu’il te faut !

 

C’est d’ailleurs, entre nous soit dit, depuis cette époque-là que l’araignée coquinette – ayant eu largement le temps de se tricoter deux paires de plus – s’est ainsi retrouvée avec huit pattes noires velues qu’elle trouvait bien plus belles et commodes…. et surtout bien plus rapides pour cavaler tout à son aise !

Et c’est depuis ce jour là que le petit limaçon tout visqueux est devenu un joli colimaçon tout heureux !

Il peut à la fois se vêtir de sa maison pour sortir, sans ne plus jamais être « à nu » et rentrer dedans bien au chaud, bien au sec quand il le souhaite dans cette chouette maison qu’il porte constamment sur son dos !

« Petit escargot porte sur son dos, sa maisonnette…

Aussitôt qu’il pleut, il est tout heureux et sort sa tête ! »

 

Conte des origines dit “cosmogonique” – Flo, couturière d’histoires (17 Mai 2012) 

2019-05-19T14:36:40+02:00

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