Attrape-rêves et origines

« La plume est l’interprète de l’âme : ce que l’une pense, l’autre l’exprime ».  Miguel de Cervantes.

L’attrape-rêves fait partie d’une croyance populaire soutenue par un mythe que je vous invite à découvrir aujourd’hui.

Le mot « attrape-rêves » provient de l’anglais « dreamcatcher », d’où sa traduction littérale en français. Cependant, dans la langue des Ojibwé (qui sont à l’origine des attrape-rêves), on l’appelle « asabikeshiinh », qui signifie araignée; même si on le connait également sous le nom de « bawaajige nagwaagan » ou piège à rêves.

 

Le peuple des Ojibwé

Les attrape-rêve ou « capteurs de rêves» puisent leurs origines dans un peuple indien américain qui, pendant les années 60, a commencé à populariser ces objets confectionnés à la main pour les vendre aux touristes dans leurs réserves. Ce sont de beaux hommages artisanaux qui font partie de leur culture et de leurs traditions. Pendant le mouvement panindiendes années 60 à 70, l’attrape-rêves a été adopté par les indigènes d’Amérique du Nord de différentes populations et ont même été considérés comme un symbole d’identification culturelle.

Les Ojibwé sont originaires d’Amérique du Nord et il est commun de trouver des rassemblements de colonies dans l’Ontario, le Wisconsin et le Minnesota.

Pour les fabriquer, ils utilisaient des fibres d’ortie nouées à un anneau circulaire ou bien en forme de larme et sur lequel, ils confectionnaient une sorte de toile qui ressemble à une toile d’araignée. Ils utilisaient également du bois de saule et en général, les attrape-rêves avaient un diamètre de petite taille : 10 cm environ. Ils étaient commercialisés avec l’idée que sous leur protection, les personnes pouvaient éviter les cauchemars, éloigner les énergies négatives et les mauvais esprits.

Ces objets doivent être suspendus à la tête du lit ou au dessus du berceau des bébés. Leur objectif est de faire disparaitre les cauchemars ou les visions maléfiques que nous pouvons avoir de temps en temps. Pour le peuple des Ojibwé, cette tradition des attrape-rêves se basait sur une belle légende Amérindienne que voici.

 

La légende des Ojibwé

Sa figure centrale est une belle femme nommée « Asibikaashi ».

On la connait également comme la « femme araignée » qui, loin d’avoir une connotation négative ou inquiétante, ne faisait que de s’occuper de toutes les créatures vivantes du monde.

Elle se penchait sur les berceaux ou les lits des enfants pour faire une toile d’araignée invisible, fine et délicate, capable d’atteindre n’importe quel cauchemar et le faire disparaitre. Rien de mauvais ne pouvait arriver à une créature si Asibikaashi était avec elle. Tout ce qui était négatif restait collé à sa toile d’araignée et à l’aube, quand la lumière du matin renouvellait tout ce qui était bon, elle faisait alors fondre également tout ce qui est mauvais.

Quand le peuple s’est dispersé en Amérique du Nord, il a été difficile pour Asibikaashi de s’occuper de tous les enfants. Les mères et grand-mères ont donc dû commencer à tisser des toiles avec des propriétés magiques qui attrapent les mauvais rêves et les cauchemars, protégeant ainsi leurs enfants.

Il faut savoir qu’au départ, il ne s’agissait que d’un filtre pour empêcher les cauchemars de venir troubler les enfants qui dormaient.Les mauvais rêves, les mauvaises pensées et les mauvaises vibrations restaient accrochés dans la toile et étaient détruis par le soleil du matin. Mais, au fil des années, la tribu grandit et les Objibway ont dû se dispersés sur leur territoire.Comme l’araignée n’était plus capable de visiter tous les wigwams elle demanda aux femmes de la nation de l’aider dans sa tâche. C’est ainsi que l’on vit apparaître le « capteur de rêves » que les femmes tissaient dans un cerceau de bois à l’aide de fibres végétales ou animales.

Ces objets fonctionnaient de la manière suivante :

Les attrape-rêves filtrent notre repos nocturne. Pendant que nous dormons, les cauchemars et les mauvaises sensations restent prisonniers de cette toile d’araignée, voire emprisonnés dans la pierre  située sur la toile jusqu’au lever du soleil.

Les bons rêves traversent la toile et les sensations positives glissent, se  dirigent et descendent par les plumes pour couler jusqu’à nous, puis ressortir pour rester dans la chambre.

Aux premiers rayons de lumière du matin, les mauvais rêves sont brûlés par les lumières tièdes du soleil qui dissipent puis font disparaitre les cauchemars pour toujours.

Bien qu’ils soient généralement de forme ronde, certaines nations amérindiennes les fabriquaient en forme de « goutte » notamment chez les Iroquoïens. Mais il n’y a pas que l’aspect esthétique qui se soit modifié. Plusieurs croyances se sont aussi greffées au capteur de rêves et certaines personnes l’utilisent même pour lire l’avenir !

Une légende Micmac 

On dit qu’une grand-mère qui cousait des vêtements dans la lumière tamisée de son wigwam entendit une petite voix qui pleurait dans un coin. Elle leva les yeux et demanda: « Qui est-ce qui pleure et pourquoi pleure-tu ? » La petite voix répondit : « Ici, c’est moi grand-mère… » La grand-mère leva les yeux et aperçut une petite araignée. « Je pleure, parce que tout le monde à peur de moi. Ils disent tous que je ne sers à rien. La grand-mère fût bien peinée d’entendre ce que l’araignée avait à dire. Elle lui répondit : Eh bien, je crois que je peux faire quelques chose pour toi. Dorénavant, quand tu tisseras ta toile au-dessus de l’endroit où l’on dort, les mauvais rêves resteront pris à l’intérieur et détruit par le soleil, ainsi, on ne fera plus que des bons rêves…. 

Il faut également ajouter qu’il y a une autre version de l’histoire sur le fonctionnement de l’attrape-rêves. Par exemple chez Le peuple des lakota, les cauchemars et énergies négatives passent à travers la toile jusqu’à disparaitre tandis que les bons rêves restent prisonniers du centre pour ensuite glisser doucement vers les plumes pour nous envelopper d’un repos placide et réconfortant. Le mauvais s’en va et le bon est capturé.

 Il y a des personnes qui accordent à l’attrape-rêve une signification différente.

Ils entendent par « rêves »toutes les aspirations, désirs ou les envies. Avec cette interprétation, les attrape-rêves serviraient plus à atteindre tous les objectifs que nous nous fixons et à réaliser nos rêves.

Même si nous ne sommes pas sûrs que les attrape-rêves éloignent ou non les mauvais rêves, les mauvaises énergies ou les mauvaises vibrations, on peut être certain qu’il est relaxant de se retrouver en contact de la culture Amérindienne, de par la magie qui s’en dégage.

Cette culture nous comble et nous a toujours comblé de ses traditions millénaires et nous devons faire tout notre possible pour la maintenir la plus vivante et proche des traditions que possible, puisqu’on lui doit une grande partie de notre savoir.

 

https://www.youtube.com/watch?v=EoFtEYYTj34