« Cette fermeté d’âme à vous si singulière »-Molière

La Cassoun’ ayant définitivement posé ses valises en Quercy Blanc, j’ai eu avant-hier, avec un ami de passage dans la région, l’immense plaisir d’assister à la première soirée du Festival de la Chanson à Texte de Montcuq en Quercy Blanc !

Quel immense bonheur de découvrir tout d’abord les nombreux talents de l’équipe organisatrice constituée de bénévoles : Déjà, un accueil exceptionnel à la billetterie, un apéritif servi par toute une équipe de « petites mains » qui ont pris du plaisir aux fourneaux pour régaler nos papilles, de beaux échanges avec les personnes inconnues rencontrées, un diner d’exception et une soirée en chansons…magique !

Qui plus est, bénéficiant de l’annulation de dernière minute de Monsieur le Maire, Alain Lalabarde, nous avons eu le privilège d’être à la table du nouveau président du Festival,  Michel Boutet et de sa compagne. Ce festival est né il y a une dizaine d’années entre « Cours et granges » de la seule volonté d’Henri Courseaux et de sa compagne Claire de Villaret et puis petit à petit, il a investi les lieux publics de Montcuq: la cour de la maison des enfants, la place de la mairie, la cour du collège, le Café de France…

Dans son discours inaugural, Michel citait Félix Leclerc et dans son édito du festival de nous interpeler sur l’urgence qu’il y a de prendre le temps de « s’arrêter aux mots, à leur géographie et à leur sens. Le grand mérite de la chanson, alors est de permettre de traiter de l’état du monde avec une forme de légèreté, de simplicité, qui n’exclut pas le complexe. La Chanson est l’art de tout le monde. Elle est riche, multicolore, elle parle toutes les langues, elle commence avec le babil, elle reste le dernier souvenir dans la mémoire.  C’est dire s’il est important de la défendre comme espace de liberté et d’exigence, comme espace de rencontre et de découverte, comme espace de partage. »

Et je n’ai pu m’empêcher au fil de la soirée de cette sublime programmation de faire le parallèle entre chanson à texte et conte et cette même volonté de partager une parole singulière.

La littérature orale et tout ce qu’elle englobe -contes, mythes, légendes, formulettes, énigmes, récits de vie, chanson… – Tous et toutes sont lus dans les livres et dits en présence . Et nous oublions trop souvent que l’oralité est la sœur ainée de l’écriture et qu’elle est avant tout, un corps en présence.

Lorsque nous nous exprimons en chantant, en racontant des histoires, des mythes, des contes, des formulettes, des facéties…, nous nous exprimons avec notre corps et c’est là que le para-verbal entre en jeu avec son contexte, pour au final produire, prononcer quelques mots. Et notre travail de conteur est bien d’aller au-delà des mots, de leur simple écriture, pour en comprendre le sens caché, la symbolique de ce conte et de tout ce qu’il nous dit, de nous-mêmes, de notre société, de notre monde ! Le conte et autres formes, est multiple, coloré, sensoriel, olfactif, sensitif, léger, sérieux, malicieux, drôle…mais il nous amène à réfléchir à toute cette complexité d’être. Tout comme la chanson à texte, le conte est à tout le monde, il est riche, il parle à tout le monde, en toutes les langues, il commence dès la plus tendre enfance par les premières « enfantines, comptines » chantonnées et racontées aux touts petits, puis il se poursuit au fil du temps et de l’âge avec plus ou moins de force et de sens caché pour l’enfant qui frissonne de plaisir et qui en redemande, de l’adolescent en construction à l’adulte que nous devenons.

Le conte comme la chanson est universel et entre en résonnance avec l’intime au cœur de chacun. Dans sa construction (du moins pour le conte merveilleux) il ressemble aux rêves, aux fantasmes que nous portons, dans lesquels l’histoire et son héros, ses personnages secondaires aidants ou obstacles au cheminement, mettent en scène bizarrerie, ambiguïté, non dépourvues de sens et c’est à nous auditeur, spectateur dans un second temps, d’y jouer un rôle plus fort en allant y chercher « ce que le conte a à me dire », de notre société, du monde, de notre humanité.

Le « il était une fois… » du conte merveilleux est un superbe déclencheur de l’imaginaire et nous emmène à la découverte de « l’Autre », de cet « autre » qui est en nous, de cet « autre » que je côtoie » et rencontre.

Avec la chanson à texte et toutes les autres formes de littérature orale, s’ils sont devenus des textes malheureusement figés par l’écriture, c’est par la corporalité du conteur et du chanteur, qu’ils prennent vie ; c’est par ces mots remplis d’éléments symboliques, mis en bouche par l’art du conteur, chaque fois différents, qu’ils prennent sens et nous transportent de l’enfant que nous étions à l’enfant-adulte que nous sommes, dans le sublime, dans l’imaginaire, dans le fantasme, dans la rêverie, dans l’énergie du ressenti.

Voilà comment, jeudi soir j’ai été conquise par cette programmation d’exception où grâce à ce festival, la part belle a été faite à la découverte de deux artistes d’exception, MICHELE BERNARD et PRESQUE OUI, qui, en plateau partagé, nous ont ému, aux larmes, fait rire…nous ont transportés dans leur univers poétique tragique et/ou drôle. A cela vous rajouter une bonne dose d’excellents musiciens qu’ils sont, d’une belle complicité sur scène et vous passez une délicieuse soirée ! 🙂

Alors un grand grand merci à ce Festival de la Chanson à texte de Montcuq en Quercy blanc et je vous invite à vous y rendre nombreux dès l’an prochain (même jour, même heure, à peu de choses près) … La Cassoun’ pourra vous héberger pendant ces 3 jours-là…c’est juste à côté 🙂  !

 

Programmation et déroulement du festival :

11H30 : Rencontre apéritive et convivial entre festivaliers, organisateurs et artistes du jour, pour débattre de la chanson à texte dans nos vies.

16H30 : Scène ouverte au Café de France

19H30 : Apéritif, diner et spectacle

  • Jeudi 19 juillet : Michèle Bernard et Presque Oui
  • Vendredi 20 juillet : 1èrepartie – Mèche. 2èmepartie – Jean-Michel Piton chantant « Bernard Dimey »
  • Aujourd’hui, samedi 21 juillet : 1èrepartie – Lise Martin. 2èmepartie – Wally.