…  ou « Cet obscur objet du désir »

 

Marcher pour exister

Marcher pour vivre

Marcher pour rendre grâce

Marcher pour oublier l’intense solitude

Marcher sur la jonchée de feuilles mordorées

Marcher pour oublier

L’infinie tristesse des jours passés

Et …S’abandonner.

 

Marcher… « Cet obscur objet du désir »

DESIDERARE

Marcher et persévérer vers cette quête infinie,

Marcher… vers ce manque qui nous rend si vivant.

DESIRER… DESIDERARE, notre astre perdu

 

A l’ultime frontière,

Là où le rouge côtoie le vert,

Les larmes se sont écoulées,

La peine s’est déposée.

 

Là où l’être s’est posé,

Là où il s’est abandonné,

Oubliant trône royal et roue de fortune

L’homme a labouré son champ.

Au rocher noir et blanc

Il s’est heurté.

De la pierraille,

Il s’est arraché.

Et du tapis soyeux de l’exil

Déjà,

Des graines violettes du genévrier,

Du bois sec et de l’humus,

La vie a semé,

La vie a germé,

… et l’arbre trinitaire sur le mont s’est donné.

 

Pantaléon, guérisseur des âmes et des jambes fatiguées,

Celles qui peinent tant à se relever.

A la source,

La fée des ruisseaux,

Au reflet de mon âme,

Tu m’as redressé.

 

DESIDERARE

DESIR

Peu m’importe

Que Tu te nommes éternité, reconnaissance, confiance, plénitude ou sérénité…

DESIRER…DESIDERARE l’impossible Amour !

 

Tu restes inaccessible.

Comme la défaite répétée de notre désir à se satisfaire,

Toi, DESIR inassouvi, insatiable… insoumis,

Tu rends l’audace des matins, curieux et ambitieux.

Tu rends créatif les crépuscules inquiets et pluvieux.

Feu puissant, moteur de notre progrès…de nos projets .

Toi, l’Homme arrivé au monde bien trop tôt,

Tu dois encore apprendre de tes tentatives, de tes tâtonnements, des revers de la vie.

 

Imparfait,

Perfectible,

Toi l’obscur objet de mon désir,

Toi l’animal blessé et tant aimé,

Relève-toi

Et Marche sur le chemin de mon désir.

«DESIDERARE »

 

« L’homme est le seul animal dont l’action soit mal assurée, qui hésite et tâtonne, qui forme des projets avec l’espoir de réussir et la crainte d’échouer. »

Henri Bergson

Si ma petite graine de vie du genévrier vous a fait envie, un conte (difficile) du même nom vous pourrez allez voir, si le coeur vous en dit : Le Conte du Genévrier – extrait de l’album illustré de  Gilles Rapaport    https://www.youtube.com/watch?v=27THPotv080