ICI, Je voudrai ECRIRE…OUI, mais quoi ?

Petit à petit ICI s’écrit le mot FIN

Une de mes dernières, si ce n’est la dernière… randonnée dans le Lot.

 

Ici s’achève, ici s’écrit la fin proche, imminente de la Cassoun’ en Quercy blanc.

Après tant de mois passés à arpenter villages, villes et maisons à visiter,

C’est ICI à Saux, sur cette terre Lotoise tant aimée, auprès de ces pierres blondes et dorées par l’été que je me suis établie, pour ce que je croyais être « à jamais ».

 

Et c’est ICI, encore aujourd’hui, que je marche.

Ici, sur cette terre Quercynoise roussie par l’automne qui, de ses feux mordorés embrasent les chênes verts et les pubescents, les buis pillés, les genévriers bleus adolescents au parfum de poivre d’Orient ….. partout et ici encore, le feuillage rutile de mille feux jaunes, blonds, mordorés, rouges sur cette plaine verte gorgée d’eau.

 

Ici la Nature est calme, sereine et enveloppante.

Ici tout est « Luxe Calme et Volupté ».

Ici s’achève mon projet d’installer la Cassoun’, lieu d’hébergement, d’art, de culture de bien-être et de formation sur les Chemins de Compostelle.

Ici, s’écrit pour quelques heures encore, mes mots et mes maux.

 

Ma douleur de quitter cette Terre qui m’a accueillie,

Mon chagrin d’abandonner cette Terre qui m’a nourrie,

Ma tristesse de la laisser, Elle qui m’a tant appris.

 

Les mots de ma détermination.

Le mots premiers de mon engouement, de la confiance, de mon plaisir de vivre et d’innover en milieu rural, de voir que cela ETAIT possible…

Puis sont venus les maux d’avoir à écrire déjà au passé, une belle et merveilleuse idée d’un projet auquel ces êtres dépourvus de toute humanité – que j’appellerai « prêteurs » – ont dû me faire renoncer.

 

Cette terre je l’ai aimée et je l’aimerai toujours.

Mais c’est le cœur lourd qu’il me faut bientôt la quitter.

Ailleurs sans doute, une Cassoun’ nouvelle m’attend dans un autre projet resserré,

Là où mes pas voudront bien me mener, dans un cadre de vie sans doute moins isolé mais que j’ai tellement aimé !

Car, c’est ICI, sur cette terre… que j’ai renoué le fil de mon Passé.

C’est ICI, que j’ai compris.

C’est ICI que j’ai grandi et appris !

ICI,  j’ai retrouvé mes racines et mes sensations premières,

Ce pour quoi je suis faite,

Ce dont je suis pétrie…. de cette terre argileuse qui a fait renaître la femme sauvage, perdue qui s’était trop vite oubliée.

 

ICI, j’ai vu renaître, la pluie et le vent sur mon visage, la brûlure d’un soleil généreux, mon souffle dans la marche sur ses sentiers crayeux et blancs.

ICI, j’ai découvert tant d’êtres merveilleux et chaleureux…à peine le temps de les connaître que me voilà déjà bientôt repartie vers un Ailleurs encore plus radieux que ce Quercy tant aimé.

ICI, j’ai découvert de pauvres hères, pourtant si lumineux et radieux offrant une générosité d’ETRE là au MONDE.

ICI, j’ai aimé et j’aimerai « à jamais » ces gens vivant seuls dans cette immensité de terres si variées, de vallons, de vallées, de combes, de crêtes, de causses, de rûs, de rivières et de fleuves dénommés Lot et Célé.

 

Ici, je suis venue à pas menus.

Ici, j’ai arpenté sentiers, chemins, ruelles, routes et venelles.

Crottée par cette glaise si épaisse qui me colle à la semelle et semble me crier « Ne m’oublie pas ! » que je m’en repars bientôt sur la pointe FIN….E de mon soulier ré-enchanté.

 

EPILOGUE